Tenez-vous informé de la situation de Paul Watson en allant sur le site www.seashepherd.fr

 

 

Ce n'est désormais plus un très grand secret: Paul Watson fondateur de l'association Sea Shepherd, et courageux capitaine luttant à bord de son bateau contre les chasseurs de baleines et autres braconniers des mers, sera le personnage central du prochain n°10 d'Objectif Terre, dans un dialogue pas si imaginaire que cela entre lui et 3 baleines!

 

L'actualité a malheureusement entre temps rattrapé Objectif Terre! Paul Watson est en effet injustement assigné à résidence en Allemagne, et en attente de la décision de la ministre allemande de la justice de donner suite ou non à la demande d'extradition très contestable du Costa Rica. Très contestable et pour le moins suspecte, quand on sait que les eaux du Costa Rica sont infestées par les bateaux d'innombrables braconniers asiatiques y pratiquant la technique du "fining"! Chaque année des dizaines de milliers de requins sont ainsi massacrés au Costa Rica: ils agonisent durant des heures voire des jours durant après avoir été amputés de leurs ailerons et rejetés vifs dans la mer! Le commerce des ailerons rapporte énormément d'argent aux trafiquants... mais aussi aux autorités du pays où ils peuvent pratiquer cette barbarie impunément...

 

Comment l'Allemagne peut elle tergiverser aussi longtemps face à cette demande, et ne pas décider de libérer un homme que les enfants d'Objectif Terre considèrent comme un héros? Les colibris d'Objectif Terre eux n'ont pas tergiversé! Ils ont signé de leurs prénoms cette demande de mise en liberté, accompagnée de la photo de certains d'entre eux habillés du T-shirt de Sea Shepherd! Ce document a été envoyé à la Ministre de la Justice allemande, afin de donner écho à la légende amérindienne du colibri... Chacun fait sa part, ...surtout quand il s'agit d'obtenir la libération d'un des plus célèbres défenseurs de la faune sauvage. Paul Watson a bien sûr également reçu ce document en témoignage de soutien de la part des enfants d'Objectif Terre!

 

Toutes les questions posées à Paul Watson le 30 mars 2012 à Paris, à l’occasion d’une conférence donnée par le fondateur de Sea Shepherd, et figurant ci-après, ont été imaginées par les enfants d’Objectif Terre.

Une grande partie des réponses apportées par Paul Watson (et retranscrites par la présidente de l’association France) a été reprise dans le dialogue imaginé entre Paul Watson et 3 baleines pourchassées par des baleiniers (dans le journal n°10).

Sur la photo de l’édito du journal, le capitaine tient entre ses mains la photo des enfants d’Objectif Terre, qui ont préparé ces questions !

Voici l’intégralité des questions posées et des réponses...

 

Une vieille baleine explique aux jeunes baleines qu’elle a déjà rencontré Paul Watson... Elles partent à sa rencontre….

 

Pourquoi nous aimes-tu ?

Je suis honoré d’être au service des baleines, des dauphins, des phoques et de toutes les autres créatures vivant sur cette Terre. Leur beauté, leur intelligence, leur force et leur esprit m’ont inspiré. Ces êtres m’ont parlé, m’ont touché et j’ai reçu de nombreux témoignages amicaux de membres de différentes espèces.

Si les baleines survivent et prolifèrent, si les phoques continuent à vivre et à donner naissance, et si je peux participer à leur assurer un futur prospère, alors je serai heureux pour toujours.

 

 

Pourquoi consacres-tu toute ta vie pour nous ?

Depuis quand provient ta passion pour les baleines ?

 

En juin 1975, Robert Hunter et moi même avons été les premières personnes à s'interposer entre un harpon russe et un groupe de cachalots sans défense. Alors que nous étions dans le zodiac à barrer la route aux pêcheurs soviétiques, un cachalot harponné a surgit au-dessus de nous. La situation devenait sérieusement dangereuse. Mais le cachalot évita l’embarcation. Et là j'ai vu son œil ; un œil qui reflétait l'intelligence et parlait de compassion. Il me fit comprendre qu'il était capable de faire la part des choses, et qu'il savait très bien ce que nous avions essayé de faire. A l'heure même de la mort de ce géant des mers, je fus saisi de pitié, pas pour lui, mais pour nous. Accablé par la cruauté de mon espèce, je me suis rendu compte que ma foi était du coté de cet enfant de la mer qui mourrait, et de son espèce. Cet échange de regard a changé ma vie. Je décidais désormais de servir toute ma vie les citoyens de la mer.

 

Cette année, nous avons pu sauver 768 de vos sœurs menacées par les pêcheurs japonais qui œuvrent illégalement dans l'océan austral prétextant faire de la recherche. Depuis 2005 nous estimons avoir sauvé 3680 baleines dans l'océan austral. Nous repartirons encore et encore à la poursuite des tueurs de baleines tant qu'ils ne vous auront définitivement pas laissé en paix.

 

As-tu du temps à consacrer quand même à ta famille ?

Je passe beaucoup de temps en mer, mais c'est aussi pour ma fille et les générations futures que je me bats. J’essaie d'être ce que j'aurai aimé que mes ancêtres fussent. J'aurai voulu qu'il y est quelqu'un pour défendre le grand pingouin, le canard du Labrador et la baleine de Biscaye, tous disparus aujourd'hui. Je suis ici pour défendre les espèces qui risquent de connaître le même sort, au nom de mes enfants et de leurs enfants.

 

Ma fille Lani a toujours soutenu Sea Shepherd. C’est à l’âge de dix ans qu’elle a participé pour la première fois à une campagne, quand elle a pris part à un voyage de San Diego à Key West en Floride via le canal de Panama, pour défendre les dauphins victimes de la pêche au thon. Elle a fait partie de l’équipage dans trois grandes campagnes et siège désormais au conseil d’administration de Sea Shepherd ou elle apporte son expérience dans la communication et les communautés en ligne.

 

Pourquoi veux-tu nous sauver ?

Personne n'accepterait que des braconniers sillonnent l'Afrique en tuant tous les lions et les éléphants. C'est ce qui se passe en mer.

Notre mission consiste à naviguer en eaux troubles pour défendre ceux qui sont sans défense contre ceux qui sont sans scrupules.

Si les baleines meurent, les océans meurent et si les océans meurent, nous mourons tous.

 

Pourquoi les hommes nous chassent ils ?

Tout n'est qu'une question de profits et d'intérêts. Si on pousse une espèce à l'extinction sa valeur sur les marchés augmente. Notre mission est donc de les couler économiquement en sauvegardant les espèces.

 

Pourquoi les chasseurs de baleines sont ils tes ennemis ?

Un moratoire interdisant la chasse à la baleine existe depuis 1986 pour protéger ces espèces en voie de disparition. Depuis cette date, le Japon, l'Islande et la Norvège n'ont pas respecté ce moratoire et décimé des millions de baleines. Les gouvernements ne prenant pas les mesures nécessaires pour faire cesser ces massacres ; Sea Shepherd, en se basant sur la Charte mondiale pour la nature, est parti à la poursuite de ces illégaux en haute mer pour faire appliquer les lois en matière d'environnement et de conservation des espèces avec la ferme intention de les arrêter.

 

Tes ennemis peuvent ils parfois être violents envers toi ? Comment fais tu pour éviter les risques de violence ? Est-ce qu’il t’arrive parfois d’avoir peur pour toi ou pour les autres ?

Mon premier souci en planifiant une campagne est de savoir si nous pouvons physiquement intervenir sans causer de blessures à quiconque et s'assurer que personne ne soit tué. Nos actions ne sont pas de nature violente mais les profits en jeux sont énormes et peuvent rendre les illégaux agressifs. Nous devons être prudent mais chaque volontaire est prêt à donner sa vie pour une baleine. En huit ans d’interventions dans le sanctuaire baleinier, Sea Shepherd n’a jamais déploré de blessé (braconnier ou activiste).

Nous devons être vigilants car nous œuvrons dans des mers dangereuses. L’équipage est formé pour cela et chacun a un poste précis.

 

Les caméras qui nous suivent en mer austral permettent de diffuser les images des nos actions dans le monde entier pour montrer au grand public les massacres qui se perpétuent de manière illégale. Elles dissuadent également les braconniers de nous attaquer.

 

Pendant la dernière campagne aux îles Féroé : «stop the grind » pour mettre un terme aux massacres des globicéphales, notre seule présence a permis d'éviter les grind. Là bas ce sont les autorités qui donnent le feu vert aux féringiens pour débuter leur rituel barbare ; mais ne voulant pas de problèmes entre la population et les activistes, les autorités ont refusé les grind pendant notre présence.

 

Nos ennemis essaient de nous attaquer sur le plan juridique également mais aucune inculpation n'a jamais été retenue, car après tout, ce sont des illégaux !

 

 

Comment faites vous, à Sea Shepherd, pour empêcher les chasseurs de nous tirer dessus ?

La tactique principale est d'immobiliser le bateau usine de traitement de viande de baleine. Si le bateau usine est bloqué, les harponneurs ne peuvent plus pêcher. Forcer les braconniers à être en perpétuel mouvement en les poursuivants est aussi une méthode pour qu'ils ne puissent pas pêcher. Notre but est de les déranger dans leur pêche par tous les moyens possibles (lancer de cordes pour bloquer leurs hélices, de beurre rance ou de solutions glissantes pour perturber leurs activités) afin que cette « pêche » ne leur coûte plus que ce qu'elle leur rapporte. Notre but est de mener l'industrie baleinière à la banqueroute.

 

Es-tu tout seul sur ton bateau ?

Nous sommes une quarantaine de volontaire sur le Steve Irwin. Je ne pourrais pas faire tout ce que je fais tout seul. C’est grâce aux nombreux volontaires qui nous aident sur les bateaux et à terre que nous y arrivons.

 

Comment fais-tu pour affronter les tempêtes, le froid et le mauvais temps ?

J'ai appris la mer, en intégrant le corps des Gardes-côtes canadiens dans ma jeunesse. Ces voyages à travers le monde m'ont forgé et donné toute l’expérience nécessaire pour affronter toutes les mers.

 

As-tu un autre métier ?

Mon job, c’est 6 mois en mer par an pour lutter contre les prédateurs des baleines, requins, dauphins, phoques et même concombres des mers. Puis à Terre, je sillonne le monde pour faire des conférences sur l’importance de la vie dans les océans et essayer de faire réfléchir les gens.

 

As-tu d’autres passions que la sauvegarde des espèces marines ?

J’ai toujours rêvé d’être un poète. Si je ne ressentais pas le besoin de me battre pour les océans, je passerai sans doute la majeure partie de mon temps à écrire.

 

Rêves-tu la nuit de nous sauver ?

Non, je ne rêve pas la nuit. Je n’ai pas besoin de le faire puisque je vis la vie dont je rêve.

Je n’ai pas d’autres rêves ou alors un seul, peut être, j’aimerai voir comment était la mer il y a 2 millions d’années

 

As-tu besoin que d’autres personnes viennent t’aider pour continuer ton action ?

J’ai besoin de l'imagination, de la passion, du courage surtout des plus jeunes pour trouver une solution impossible. Car la solution est l'impossible !!! C'est celle à laquelle on n’a pas encore pensé. Le meilleur exemple qui me vient c'est qu'en 1972 il était impensable de penser que Nelson Mandela sortirait de prison et encore moins serait président et pourtant il est devenu président d'Afrique du Sud, donc c'est l'impossible qui devient possible et me donne de l'espoir. J'ai espoir dans la jeunesse. Trouvez moi l’impossible !

 

Est-ce que tu fais aussi de la plongée ?

Depuis 1978, je m’immerge chaque fois que possible et seul de préférence. Je ne suis pas un plongeur de groupe.

 

Connais tu nos amis d’Objectif Terre qui parlent de nous : les baleines ?

Oui, un peu, ils m’ont fait un joli dessin lors de mon passage à Cannes ! C’est formidable de rencontrer des enfants aussi motivés, un jour il y en aura un qui trouvera l’impossible d’aujourd’hui !